Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy vient d’ouvrir son 2ème mandat par une mesure forte : la hausse de 8% du salaire minimum, revalorisation la plus importante depuis trente ans !

La chambre des députés espagnols à Madrid
Début décembre, le Parlement espagnol a approuvé une hausse du salaire minimum de 8%. Cette augmentation va hisser le salaire minimum interprofessionnel (SMI) à 707,61 euros mensuels sur quatorze mois à partir du 1er janvier 2017 (il était de 655,20 euros jusqu’alors).
Il s’agit d’une mesure forte pour les débuts du 2ème mandat de Mariano Rajoy avec la plus importante revalorisation du salaire minimum depuis trois décennies. Le nouveau chef du gouvernement tourne la page de plusieurs années de stagnation des salaires pour les plus défavorisés.
Cette mesure n’est pas jugée suffisante par les syndicats, en particulier les deux centrales UGT (Unión General de Trabajadores) et Commissions ouvrières, qui réclament 800 euros dès 2017 avec un objectif de 1000 euros d’ici 2020. Les syndicats s’appuient sur la charte sociale européenne établissant que le salaire minimum doit être l’équivalent de 60% du salaire moyen dans un pays.
Dès janvier, cette revalorisation va bénéficier à 5,5 millions de personnes touchant ce salaire minimum. La mesure inquiète par contre l’organisation patronale CEOE (Confederación Española de Organizaciones Empresariales) qui s’attend à une répercussion sur la rémunération de l’ensemble des salairés.
Des gages au parti socialiste
Cette mesure est d’abord le résultat d’une négociation serrée entre le parti populaire avec l’opposition socialiste. N’ayant pas de majorité, les conservateurs espèrent qu’en contrepartie le PSOE va l’aider à approuver un budget 2017.
Cette stratégie semble avoir été payante puisque le gouvernement conservateur a obtenu l’appui de suffisamment de députés, dont des socialistes, afin de faire voter la première étape du budget.
Une étape essentielle puisqu’elle consiste à approuver le plafond de dépenses de l’Etat (118,34 milliards d’euros). Le temps presse pour Mariano Rajoy qui doit rapidement faire adopter un budget 2017 permettant de réduire le déficit budgétaire à 3,1% du PIB (il était de 4,6% en 2016), comme cela a été promis à Bruxelles.
Sans majorité stable et face à une opposition socialiste hostile à d’autres mesures d’austérité, Mariano Rajoy va une nouvelle fois devoir jouer serré.

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